07.11.2008

Un condensé d'émotions

Cela fait maintenant presque un mois que j'ai gagné la Coupe de France, ma seule compétition cette saison, mon unique trophée depuis quatre ans. Et je peux vous dire que ça m'a fait du bien, mais aussi aux membres de mon entourage. À l'arrivée de Paris-Bourges, beaucoup de gens étaient également contents pour moi, ce qui témoigne à mes yeux de la valeur que représente le gain d'une telle compétition. Ma régularité n'est pas passée inaperçue chez les aficionados de la petite reine et cela me donne plus de confiance pour la saison prochaine. Mais, selon moi, la Coupe de France ne doit son rayonnement et sa place dans le cyclisme français qu'aux quatorze organisateurs, le plus souvent bénévoles. Alors, je crois qu'il faut les soutenir dans le contexte actuel afin qu'ils ne fassent pas comme leurs collègues allemands qui sont contraints d'annuler leurs épreuves.

Honnêtemment, je pense avoir gagné la Coupe de France relativement facilement sur les dernières épreuves. Non pas parce que je n'avais pas de sérieux rivaux, mais plus parce que j'ai bien su gérer les dernières semaines de compétition, et l'enchaînement Grand Prix d'Isbergues, Championnat du Monde, Tour de Vendée et Paris-Bourges. J'ai été une fois de plus régulier sur chacune de ces épreuves. Ce qui n'était pas une mince affaire. Alors, je vous avouerai que la dernière semaine a été vraiment particulière. J'ai ressenti un condensé d'émotions, parfois contradictoires, car non seulement je devais rester concentré pour la gagne de la Coupe de France, mais je vivais aussi mes derniers moments dans la formation de Jean-René Berneaudeau.

Pour autant, j'ai su faire abstraction de l'engouement autour de ça pour me focaliser exclusivement sur la compétition puisque je sentais quand même une certaine pression peser sur moi. J'ai tout de même été tiraillé par ces émotions lors du Tour de Vendée, où je courais une dernière fois "à domicile" avec la tunique turquoise sur les épaules. Le public vendéen a été très chaleureux avec moi et m'a souhaité bonne chance pour ma nouvelle aventure en Belgique. Une page de ma vie se tourne, c'est clair, mais comme j'ai un état d'esprit enthousiaste actuellement, toute mon attention est portée sur l'avenir de ma carrière. En attendant la traditionnelle séance photographique avec les tenues de la Quick Step à la fin du mois, de l'eau aura coulé sous les ponts...

10:35 Publié dans Coupe de France | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

17.10.2008

Réhabiliter la présomption d'innocence

J'avais encore les ressources quand il a fallu aborder les deux dernières échéances de la Coupe de France, mon dernier grand objectif de la saison. Et je ne voulais absolument pas me rater, comme j'ai pu vous l'indiquer dans mes dernières notes. À plusieurs reprises, j'ai pu aussi partager avec vous mon sentiment sur la question du dopage, une problématique qui a encore fait parler d'elle ces derniers temps par l'intermédiaire des différents médias.

À ce sujet, je profite de ce blog pour recentrer la discussion. Autant je défends corps et âme la lutte antidopage, autant je n'accepte pas le fait que les noms de coureurs, qui n'ont jamais été convaincus de dopage, soient annoncés dans la presse sans preuve infaillible, comme le démontre l'officialisation du dernier cas de dopage sur le Tour avec Bernhard Kohl. Dans ce sens, je soutiens vigoureusement le droit à la présomption d'innocence. Comment se fait-il que le cyclisme souffre de cette carence ? Pourquoi les coureurs ne disposent-ils pas des mêmes droits que n'importe quel individu ?

Par contre, sur la question de faire une place aux repentis, aux anciens dopés, qu'ils aient avoué ou non, je reste inflexible. Les fautifs n'ont plus grand chose à apporter à leur sport en essayant de réintégrer le peloton professionnel. Leurs retours me semblent contraires à l'éthique, même si celle-ci a été fragilisée par les dernières révélations de cas de dopage outre-Rhin. Alors, quand le nom de Stefan Schumacher est sorti du lot, de nombreuses réactions ont assimilé à mal mon transfert chez Quick Step avec le sien, déduisant trop hâtivement que j'allais rejoindre une formation en délicatesse avec le dopage. Je tiens à préciser que je ne suis pas responsable du recrutement, que je n'ai jamais été coéquipier de Stefan Schumacher donc que toute comparaison serait malvenue.

C'est pourquoi je préfère ne pas répondre aux mauvaises langues, à ces personnes éternellement insatisfaites, qui n'ont rien à faire au bord des routes. Par ailleurs, je vous remercie chaleureusement, dans votre majorité, pour tous vos messages de soutien. Vous avez bien compris ma démarche de rejoindre une formation qui correspondra plus à mes nouvelles ambitions sportives. Ce respect, je l'ai vraiment ressenti lors de mes deux dernières compétitions sous le maillot turquoise de la formation de Jean-René Berneaudeau, du reste très compréhensif. Je suis heureux de partir dans la bonne humeur et cela est d'autant plus appréciable au bout de dix ans de bons et loyaux services à ses côtés.

13:30 Publié dans Coupe de France | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

26.09.2008

Faire briller le maillot

Avant l'épreuve en ligne des Mondiaux de Varese dimanche, je ne suis pas rentré chez moi pendant plus d'une semaine. J'ai eu un programme de courses assez chargé à vrai dire : en l'espace de sept jours, j'ai couru le Gp de Fourmies, celui de Wallonie et le Gp d'Isbergues récemment. Je ne me sentais d'ailleurs pas en grande condition lors de ma dernière compétition. Je n'en tire pas pour autant des enseignements car cette course ne me convenait pas du tout. Elle était à la limite du raisonnable même puisque trop de virages serrés serpentaient le parcours. Peu de choses m'incitaient à m'aventurer à l'avant de la course. Et puis, dans l'optique de la Coupe de France, aucun adversaire dangereux ne figurait dans l'échappée victorieuse qui comprenait l'un des nôtres, Thomas Voeckler. De quoi rouler l'esprit plus tranquille.

 

La veille d'Isbergues, j'avais répondu favorablement à l'appel de Marc Madiot et de Jean-Marie Leblanc pour participer au critérium d'Hautmont, cette commune ravagée par une tornade en août dernier. Cela me paraissait naturel de témoigner aux sinistrés de ma solidarité. Les nombreux coureurs professionnels étaient tous heureux de leur redonner le sourire le temps d'une journée. De mon côté, je ne peux pas dire que je n'ai pas le sourire en ce moment : 5e à Fourmies, 3e à Namur et sélectionné pour les Mondiaux. Je suis satisfait de ma semaine. En Wallonie, j'ai pu me tester sur de nombreuses bosses et ainsi bien travailler en vue de l'échéance mondiale. Le niveau était dense et j'ai réellement pu mesurer mon état de forme sur la dernière ascension finale qui menait vers la Citadelle de Namur.

 

Non seulement j'ai pu me rassurer moi-même mais surtout rassurer le sélectionneur, Frédéric Moncassin, qui a eu des choix difficiles à faire pour constituer une équipe solide pour Varese. Notre leader sera bien évidemment Sylvain Chavanel qui a très bien marché sur la Vuelta et qui, je l'espère, exprimera tout son talent le Jour J. S'il pleut, on a de grandes chances de le voir à l'oeuvre : il adore ça et l'a d'ailleurs démontré sur les classiques flandriennes en début de saison. Son coéquipier chez Cofidis, Stéphane Augé, s'est fait une petite frayeur à Isbergues mais il sera bien présent dimanche pour l'épauler, lui qui le considère comme son homme de confiance. Sinon, l'équipe est très motivée et a vraiment envie de bien faire le boulot.

 

J'envisage également de continuer à faire le métier à 100% car si vous vous rendez compte, je ne suis pas sorti souvent d'un Top 10 depuis le Tour sur les courses auxquelles j'ai participées. Alors, j'espère bien avoir un rôle de joker dans l'équipe, un électron-libre même si je suis totalement prêt à me mettre au service du collectif. Mon seul objectif est de faire briller la tunique tricolore. Honnêtement, je pense que nous sommes capables d'obtenir un podium. À nous de jouer. En tous cas, j'espère finir la saison en boulet de canon. Il me reste trois jours de course pour cela. Après le Mondial, je défendrai mon leadership sur les deux dernières épreuves de la Coupe de France, à savoir le Tour de Vendée et Paris-Bourges. Mes deux dernières courses dans la formation de Jean-René Berneaudeau...

12:10 Publié dans Championnat du monde | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : mondiaux, varese, chavanel, pineau