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13.07.2008
Tout près de la gagne
Laurent est sorti tout seul dans le 3e catégorie. Moi, je suis allé chercher Txurruka uniquement pour le ramener à la raison à l’origine. Et puis, une fois qu’on était sorti, c’était trop tard pour faire demi-tour. Le Basque a insisté, je l’ai donc accompagné avec Christophe Riblon qui nous a rattrapé. On a vite pris deux minutes d’avance sur le peloton. Aussi, j’espère que le fait que je sois à 4 minutes au général n’a pas condamné l’échappée. Je n’ai pas de regret en tous cas d’avoir agi de la sorte. Dans le final, je me sentais très, très fort donc j’ai accompagné l’attaque de Txurruka et puis j’ai pris un relais très appuyé et on a filé rapidement.
J’ai aussi beaucoup bavardé avec Laurent quand je l’ai rejoint. On s’est dit que c’était un peu suicidaire, qu’on allait en baver mais qu’en même temps il fallait tenter le coup sans trop se poser de question. Je lui ai demandé s’il voulait que je me relève, mais il m’a dit : "Non t’es là, tu restes maintenant". Laurent est un très bon ami, donc on se comprend très bien et il n’y a jamais d’ambiguïté entre nous.
Dans le final, j’ai tenté le tout pour le tout. Tant qu’à faire, autant ne pas avoir de regret. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer dans le peloton. Une chute, des crevaisons. On a déjà vu des coureurs gagner avec très, très peu d’avance donc il faut toujours tenter. Derrière, quand une équipe roule sur toi, je me dis aussi que c’est avant tout des mecs qui peuvent avoir mal aux jambes, avoir aussi des doutes. Il faut toujours insister jusqu’au dernier moment. C’est mon leitmotiv. Et puis, on l’a vu, ça a failli marcher pour Vogondy lors de l’arrivée à Chateauroux. Il lui manque seulement 30 mètres au final, il devait avoir la rage. Le peloton peut mal négocier un virage, ou il peut y avoir un écart avec une chute ce qui peut ralentir la poursuite. D’ailleurs, quand il pleut comme aujourd’hui, je me devais de me donner à fond dans le final en espérant qu’ils aient un pépin derrière.
On a quand même passé une journée beaucoup moins nerveuse devant que derrière. Physiquement, on a peut-être plus tapé dedans mais ça a été très nerveux dans le peloton. On s’est protégé des chutes notamment qui ont mis à mal plusieurs coureurs comme Ricco ou Casper.
Si je tire un bilan, je me dis que j’ai encore la poisse. Je passe tout près de la gagne, encore une fois. Maintenant, c’est le Tour et il faut faire avec. Je vais prendre l’exemple de Sandy Casar qui a fait quatre fois deuxième avant de gagner son étape. Je vais continuer à me battre et prendre toujours autant de plaisir sur le vélo. J’ai des bonnes sensations donc c’est presque parfait en ce moment.
Didier Rous n’était pas déçu toute à l’heure du comportement de l’équipe, plus du résultat. On marche bien, je pense qu’on mérite quelque chose après tous les efforts qu’on a fournis depuis le départ. Et puis, cette philosophie là, on la retrouve aussi dans la vie de tous les jours. On a rien sans rien, il faut toujours forcer la chance.
Aujourd'hui, je pense que l’étape peut nous convenir. Je pense à Pierrick, à Johan ou moi. On va rouler sur des routes accidentées, gravir quelques grimpeurs mais pas de grands cols dans la journée. Et puis, ensuite les deux cols sur la fin sont plutôt des cols qui se montent à la cuisse. On grimpe pas forcément des grosses rampes. Ils peuvent nous convenir si on est échappé. Si on n'y est pas et que devant ça se fait la guerre, et bien on gérera. Par contre, pour l’étape d’Hautacam, on n’a pas grand monde pour voltiger. Moi, je tâcherai de limiter un peu et je verrai aussi par rapport au classement général. Je ne récuperrerai pas pendant cette étape là en tous cas, c’est sûr.
Enfin, j’ai regardé un peu le parcours pour la suite, et j’ai vu qu’il y avait quelques étapes qui pouvaient me convenir, entre les deux massifs notamment, donc je ne perds pas le moral. On arrive aussi à Saint-Étienne sur la fin du Tour et j’ai un ami qui vit là-bas donc ça me ferait bien plaisir de briller pour lui.
13:40 Publié dans Tour de France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Surtout ne pas se décourager.
Lors de l'échappée, tu as fais tout ce que tu pouvais.
Après quand la machine se met en route derrière, et qu'on tente tout devant, on ne peut pas se reprocher grand chose.
C'est juste la faute à pas de chance.
Mais ton tour ou le tour d'un autre coureur de l'équipe va arriver j'en suis sûr.
Vous êtes présent à l'avant de la course.
Un jour viendra où la machine derrière ne pourra pas vous rattraper.
Il y a encore de belles étapes c'est sur.
Gagner vers chez nous ce serait super.
J'aime bien quand tu dis que tu vises l'étape qui arrive à St-Étienne.
Mais pour mois l'étape du lendemain est encore mieux car vous partez de chez nous.
Autrement bon courage pour l'étape de Hautacam.
Ecrit par : valérie | 14.07.2008
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