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17.07.2008
Content qu'il dorme en taule
Au départ de l'étape, aujourd'hui, on craignait les bordures à cause du vent et on s'attendait à une course nerveuse, assez tendue où cela allait rouler très vite. Et bien, nous n'avons pas été déçu. Le peloton n'a voulu laisser partir aucune échappée en vue d'un emballage massif. La seule qui est partie n'était vraiment pas dangereuse pour les sprinteurs et aucun d'entre-nous, dans l'équipe, n'y figurait. Ce qui n'était pas le cas hier puisque Pierrick était présent dans le bon coup du jour et représentait une bonne option pour nous de glaner cette victoire que l'on attend tous.
Malheureusement, cela ne s'est pas goupillé comme on l'aurait voulu. C'est vrai que Pierrick avait la pancarte, qu'il fait partie de ces gars capables de briller sur de grandes courses et cela l'a sans doute gêné pour bien s'exprimer. Pour autant, Pierrick manque aussi de réussite sur ce Tour, il était d'ailleurs sous antibiotiques lors des premières étapes. Mais, Pierrick est aussi quelqu'un qui possède une grande classe et qui séduit manifestement plusieurs coureurs, dont Filippo Pozzato, présent dans l'échappée hier. L'Italien a beaucoup d'admiration et de respect pour lui, et il en avait fait d'ailleurs l'homme à ne pas lâcher d'une semelle hier. C'est dommage parce qu'ils se sont un peu enterrés tous les deux.
Depuis deux jours, la course n'a pas uniquement été marquée par des faits purement sportifs. Il y a eu le cas Moises Duenas hier, où j'ai été impressionné par le déploiement des gendarmes qui ont rapidement encerclé l'hôtel dans lequel nous résidions durant la journée de repos aux côtés de l'équipe Barloworld à Tarbes. Et puis, ce midi nous avons appris le contrôle positif de Ricco à l'EPO de troisième génération, soi-disant indétectable. Ce produit, j'en avais entendu parler depuis quelques temps, je m'étais d'ailleurs rendu sur un site internet sur lequel j'avais pu lire divers éléments sur sa composition.
La CERA, cet EPO à effet retard, n'est pas si indétectable que ça comme nous le prouve l'affaire Ricco. Et je m'en félicite qu'il ait été pris car Ricco, l'arrogant, traînait des casseroles derrière lui. J'ai des amis italiens qui, lorsqu'ils couraient avec lui à 15 ans, m'ont raconté qu'il se vantait de se doper et qu'il leur montrait même comment il faisait. Quand on est mouillé jusqu'au cou comme lui, la moindre des choses aurait été d'avoir la décence de ne pas l'ouvrir comme il l'a fait, surtout quand on est dans l'oeil du cyclone. Il se prenait pour une vedette, il nous narguait. Je suis bien content qu'il dorme en taule ce soir.
Je suis partagé entre deux sentiments ce soir. D'un côté, je suis triste une fois de plus pour l'image du cyclisme aux yeux du grand public. Je suis malheureux pour ces gosses qui ont rêvé de Ricco devant ses "exploits" dans les Pyrénées à la télé. D'un autre côté, je suis satisfait de la lutte antidopage qui ne fait pas de cadeaux aux tricheurs, à ceux qui nous mettent minables quand ils attaquent, injustement.
Pour moi, le fait que l'équipe Saunier Duval s'enfuit lâchement de la course ressemble à un aveu de dopage organisé. Dans ces cas là, c'est une question de réaction directe. Soit l'équipe reste dans la course et affirme son désarroi devant ces événements, à l'image de Barloworld, qui pour moi, a fait face à un cas isolé. Soit l'équipe veut échapper aux questions que l'on se pose et préfère s'enfuir comme un gosse qu'on a grondé dans la cour de récré.
22:00 Publié dans Tour de France | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note

