24.06.2008

Des ambitions collectives et personnelles

Une infection dentaire jeudi m’a gâché la fin du Tour de Suisse. Mais si je me base sur les sensations que j’ai eu mercredi et jeudi, je peux dire que ça va de mieux en mieux. En tout cas, j’ai plus de jus en coupant comme cela après les Quatre Jours et en choisissant la Suisse plutôt que le Dauphiné. Par contre, pour savoir si ce nouveau cycle d’entraînement est meilleur que l’autre, il faudra attendre fin juillet ! Le seul bémol avec le Tour de Suisse, c’était les horaires. On partait souvent en début d’après-midi pour arriver en soirée, vers 18h30. Ce qui signifie qu’on dînait à 21h au lieu de 19h30 en temps normal. Mais cela fait parti du métier de coureur, il faut s’adapter.

Avant la Suisse, j’ai effectué un stage avec l’équipe aux Saisies, dans les Alpes. C’était cinq jours d’entraînement intensif avec constamment des enchaînements d’ascensions et de descentes. On a eu très mauvais temps et il faisait froid. Une dizaine de coureurs étaient présents. Ce sont ceux qui se préparent en vu du Tour. Mais comme tout le monde n’aura pas la chance de le faire, cela nous met une petite pression en plus.

L’an dernier, nous avons su très vite qui allait y participer et on ne peut pas dire que cela nous ait vraiment réussi. Alors je trouve normal d’avoir abandonné l’idée cette année. Bien sûr, certains sont déjà assurés de participer au Tour et, me concernant, je ne me fais pas non plus de soucis. Désormais, jusqu’au Tour, j’entre dans une période d’entraînement / récupération. De la récupération active en quelque sorte ! A partir d’aujourd’hui, je reprends l’entraînement et j’effectuerais principalement des sorties courtes et intensives. Il faut à la fois garder le rythme et ne pas trop s’épuiser avant juillet.

Ce week-end, il y a bien sûr les championnats de France. L’équipe marche bien. L’ambition est avant toute collective mais j’ai également des objectifs personnels. Je connais un peu Semur-en-Auxois car c’ était le départ d’une étape du Tour l’an dernier. Mais on n'a pas eu le temps de visiter donc j’irais reconnaître le parcours samedi. Et puis, avec treize tours, j’aurais tout le temps de le découvrir pendant la course ! Pour l’instant, je sais qu’il y a deux difficultés majeures sur le circuit… et que c’est un profil qui me correspond.

03.07.2007

Aucune raison de collaborer avec Sandy Casar

En réponse aux commentaires critiques à mon égard, je veux dire à ceux qui ont regardé le championnat de France et qui ont trouvé que je n'avais pas été fair-play que je fais partie d'une équipe, composée de plus de 20 coureurs lors du championnat, avec neuf coureurs qui partaient parmi les favoris pour le titre. Dimanche, j'ai respecté les consignes de mon équipe. Je n'avais aucune raison de collaborer avec Sandy Casar puisque Pierrick Fédrigo était devant. Marc Madiot, de sa voiture, m'a demandé de rouler. Je lui ai expliqué que je ne devais pas le faire, que je respectais les consignes de course. On ne s'est pas du tout "engueulé", il a très bien compris ma position. Quand on connaît le vélo, on sait que ce que j'ai fait est tout à fait normal.

Ensuite, j'ai attaqué parce que je pensais avoir les moyens de revenir sur Pierrick et Patrice Halgand. Pour la première place c'était foutu, mais on aurait pu faire 2e et 3e. Et puis mon sponsor me paye pour faire du mieux que je le peux, il est donc normal que j'essaie d'obtenir la meilleure place possible. 4e, c'est toujours mieux que 5e ! Le fair-play, c'est aussi respecter les sponsors, les spectateurs qui viennent nous voir sur le bord des routes. Ce n'est pas passer des ententes suspectes qui faussent la course. C'est au contraire faire sa course du mieux qu'on peut, faire le spectacle parce que c'est ce qu'on a de mieux à offrir au public !

Je suis bien sûr déçu de ma 4e place. Sur cette course, seul le titre compte. Mais je suis quand même satisfait de ma condition. J'avais dit au début de la saison, les lecteurs de ce carnet de route en sont témoins, que j'avais trois objectifs dans la saison, trois périodes pendant lesquelles je voulais être bien : Paris-Nice, les Ardennaises et la période de juillet avec le championnat et le Tour. Et bien pour l'instant, je ne me suis jamais loupé. Vu mes sensations de dimanche, ça devrait continuer sur le Tour.

À Aurillac, on a prouvé qu'on est encore une belle équipe. Malgré les critiques qui laissent entendre que Bouygues Télécom n'est plus l'équipe soudée qu'elle était avant, on a montré qu'on est encore collectifs et présents : on est trois dans les six premiers.

Christophe Moreau est vraiment un beau champion de France. En ce moment, il impressionne et dimanche, il a fait une grande démonstration de force ! C'est bien qu'il soit en bleu-blanc-rouge pour le Tour de France parce que, j'en suis sûr, il représentera au mieux notre pays. Cette année, il a la légitimité pour accéder au podium et j'espère qu'il sera parmi les meilleurs pour faire briller le maillot qu'il vient de décrocher !

28.06.2007

Je dois me forcer à être plus égoïste

Je suis parti aujourd'hui pour les championnats de France, à Aurillac. Ca me permettra de bien m'entraîner vendredi en repérant le parcours. Le samedi, c'est un peu la cohue, il y a trop de monde et pour moi, même si le championnat de France est important, l'essentiel est de bien s'entraîner en vue du Tour. Hier, j'ai d'ailleurs fait une sortie de 5h30 après laquelle je me suis fait masser par mon frère.

J'ai eu un peu mal au massage parce que j'ai beaucoup de plaies consécutives à notre chute collective dans le dernier kilomètre du contre-la-montre par équipes d'Eindhoven dimanche dernier. On est tous tombés dans le dernier virage. Je ne me suis pas gravement blessé, mais j'avais un gros hématome au genou, celui qui m'a déjà embêté l'année dernière. Il a depuis bien dégonflé, mais les plaies me gênent encore pour dormir, pour me faire masser et donc pour bien récupérer en vue du Tour. J'espère que cette chute ne va pas gâcher toute la préparation que j'ai effectuée !

Je sais que j'ai tout fait pour arriver au meilleur de ma forme au Tour. Le plus dur à faire, c'est ça : tout mettre en oeuvre pour arriver au top. Je considère que je l'ai fait. Ensuite, il faudra concrétiser en gagnant une étape. Mais cela, ça dépend des circonstances de course, et ce n'est pas parce qu'on est en super forme qu'on va gagner à coup sûr !

Sur le Dauphiné, j'ai été déçu de ne pas avoir pu remporter l'étape de Saint-Etienne, que gagne Christophe Moreau. J'étais échappé depuis le début, et après que Moreau et les autres nous ont rejoints, j'ai lâché à seulement 1 km du dernier sommet. Dommage parce que je pense qu'au sprint, j'aurais pu gagner ! Sinon, j'étais à peu près content de ma forme. J'ai terminé 29e de la grande étape de samedi alors qu'il y avait une échappée de 11 devant. Je retrouve donc un bon coup de pédale. C'est satisfaisant parce que la semaine d'avant, j'avais fait un stage personnel en montagne pour préparer le Tour. C'est dommage, l'équipe n'a pas voulu en organiser, alors c'était un peu difficile de tout faire seul... Ce n'était pas idéal pour la récupération, et donc je ne suis donc pas arrivé très frais au Dauphiné.

Je n'ai pas préparé spécialement le championnat de France, mais comme tous les ans, je suis très motivé pour dimanche. Si tout se passe bien, je serai présent dans le final, mais c'est une course particulière où un tas de choses peuvent se passer. Au départ, on sera plus de 20 coureurs de l'équipe et chez nous, huit ou neuf coureurs peuvent gagner ! Alors la course d'équipe est difficile à gérer. J'ai souvent pensé à la course collective avant de penser à la mienne alors que pour être champion, il faut à un moment penser plus à soi. Ce n'est pas vraiment dans ma nature, mais il faut que je me force à être plus égoïste ! Si je n'ai pas gagné autant de courses qu'on me l'a demandé, c'est aussi que je n'ai pas su être égoïste. Être un gagneur, un leader, c'est penser d'abord à soi !