26.09.2008

Faire briller le maillot

Avant l'épreuve en ligne des Mondiaux de Varese dimanche, je ne suis pas rentré chez moi pendant plus d'une semaine. J'ai eu un programme de courses assez chargé à vrai dire : en l'espace de sept jours, j'ai couru le Gp de Fourmies, celui de Wallonie et le Gp d'Isbergues récemment. Je ne me sentais d'ailleurs pas en grande condition lors de ma dernière compétition. Je n'en tire pas pour autant des enseignements car cette course ne me convenait pas du tout. Elle était à la limite du raisonnable même puisque trop de virages serrés serpentaient le parcours. Peu de choses m'incitaient à m'aventurer à l'avant de la course. Et puis, dans l'optique de la Coupe de France, aucun adversaire dangereux ne figurait dans l'échappée victorieuse qui comprenait l'un des nôtres, Thomas Voeckler. De quoi rouler l'esprit plus tranquille.

 

La veille d'Isbergues, j'avais répondu favorablement à l'appel de Marc Madiot et de Jean-Marie Leblanc pour participer au critérium d'Hautmont, cette commune ravagée par une tornade en août dernier. Cela me paraissait naturel de témoigner aux sinistrés de ma solidarité. Les nombreux coureurs professionnels étaient tous heureux de leur redonner le sourire le temps d'une journée. De mon côté, je ne peux pas dire que je n'ai pas le sourire en ce moment : 5e à Fourmies, 3e à Namur et sélectionné pour les Mondiaux. Je suis satisfait de ma semaine. En Wallonie, j'ai pu me tester sur de nombreuses bosses et ainsi bien travailler en vue de l'échéance mondiale. Le niveau était dense et j'ai réellement pu mesurer mon état de forme sur la dernière ascension finale qui menait vers la Citadelle de Namur.

 

Non seulement j'ai pu me rassurer moi-même mais surtout rassurer le sélectionneur, Frédéric Moncassin, qui a eu des choix difficiles à faire pour constituer une équipe solide pour Varese. Notre leader sera bien évidemment Sylvain Chavanel qui a très bien marché sur la Vuelta et qui, je l'espère, exprimera tout son talent le Jour J. S'il pleut, on a de grandes chances de le voir à l'oeuvre : il adore ça et l'a d'ailleurs démontré sur les classiques flandriennes en début de saison. Son coéquipier chez Cofidis, Stéphane Augé, s'est fait une petite frayeur à Isbergues mais il sera bien présent dimanche pour l'épauler, lui qui le considère comme son homme de confiance. Sinon, l'équipe est très motivée et a vraiment envie de bien faire le boulot.

 

J'envisage également de continuer à faire le métier à 100% car si vous vous rendez compte, je ne suis pas sorti souvent d'un Top 10 depuis le Tour sur les courses auxquelles j'ai participées. Alors, j'espère bien avoir un rôle de joker dans l'équipe, un électron-libre même si je suis totalement prêt à me mettre au service du collectif. Mon seul objectif est de faire briller la tunique tricolore. Honnêtement, je pense que nous sommes capables d'obtenir un podium. À nous de jouer. En tous cas, j'espère finir la saison en boulet de canon. Il me reste trois jours de course pour cela. Après le Mondial, je défendrai mon leadership sur les deux dernières épreuves de la Coupe de France, à savoir le Tour de Vendée et Paris-Bourges. Mes deux dernières courses dans la formation de Jean-René Berneaudeau...

27.09.2007

Saison terminée

Ma saison est terminée. Après avoir disputé Paris-Bruxelles et le Grand-Prix de Fourmies, je suis tombé malade au Grand Prix de Wallonie mercredi 19. J'étais dans un état de fatigue anormal et excessif. Je suis donc rentré chez moi et j'ai passé des examens. On n'a rien trouvé d'inquiétant, mais on m'a mis au repos, jusqu'au 1er octobre. J'ai donc dû mettre un terme à ma saison. Je sens à présent que ça va mieux, mais j'ai dû pendant une semaine arrêter toute activité physique, faire des nuits de neuf heures et une sieste de deux à trois heures par jour en plus. Et j'étais encore crevé ! Ce n'est que ces derniers jours que je retrouve une vie un peu plus "normale".

J'ai peut-être trop tapé dedans cette année. J'ai fait plus de kilomètres que d'habitude... De toute façon, j'ai 90 jours de course dpuis le début de l'année, je cours depuis le Tour du Qatar, donc il est normal que j'arrête aujourd'hui.

Vous l'avez peut-être lu, Vélo Magazine a consacré un article à mon grand-père, concepteur des galeries porte-vélos Pineau. Ça me fait vraiment plaisir et je suis fier d'y avoir participé ! Avec mon grand-père, j'ai un attachement très profond. On a une relation très forte. C'est grâce à lui que j'ai découvert le vélo. Les galeries de voitures qu'il fabriquait, c'est l'histoire de ma famille. Peu de gens le savent, mais je suis né dans une famille où le vélo est très important. Je baigne dedans depuis tout petit et c'est aussi pour ça que je suis si attaché à ce que le vélo aille mieux. Quand je pousse des coups de geule, c'est parce que j'aime vraiment le vélo et que je représente les attentes de toute une famille. La famille est ce qui est le plus important pour moi, alors je veux leur faire plaisir en me battant pour mon sport.

Je suis les championnats du monde en ce moment à la télé. Il y a deux ans, je n'en avais pas envie parce que j'étais un peu dégoûté à la fin de la saison. Mais cette année, je ne le suis absolument pas. Apparement, et même si je ne suis pas toujours en accord avec son président, l'UCI a enfin compris qu'elle fait partie prenante de la lutte contre le dopage. On sent une véritable volonté de la part de l'UCI. Le problème est qu'à chaque fois, tout s'accélère seulement juste avant les grands événements, alors on a l'impression que les instances travaillent seulement deux semaines avant le Tour et le Championnat du monde, mais au moins, on voit que ça avance !

Aujourd'hui, Stef Clement, mon coéquipier hollandais, a décroché la médaille de bronze du chrono. C'est super pour lui et c'est un bon signe pour l'équipe. C'est une belle surprise, mais je savais qu'il était en grande forme, comme ses performances sur la Vuelta le montraient. Il avait cet objectif en tête depuis un moment et il avait tenu à courir la Vuelta pour le préparer. Ce qui le motivait encore plus, c'était le fait de courir avec le maillot orange de son équipe nationale, mais avec l'écusson Bouygues Télécom. Quand il le fait, une sorte de hargne supplémentaire l'envahit parce qu'il fait ainsi un pied de nez aux dirigeants de Rabobank qui n'ont pas voulu à l'équipe Pro Tour après son passage dans l'équipe Espoirs.

Dimanche, bien sûr, je serai à fond derrière l'équipe de France. Mes coéquipiers Pierrick Fédrigo et Thomas Voeckler n'ont sûrement pas de chances de titre, mais ils ont une carte à jouer et peuvent peut-être faire comme "Ges" il y a deux ans à Madrid. Sur ce circuit très dur, ils ont leurs chances. Pour moi, l'équipe de France dans son ensemble aura un rôle plus important que les dernières années. Les coureurs qui la composent sont les meilleurs en ce moment. Le fait que Benoît Vaugrenard se retire parce qu'il n'était pas assez en forme est pour moi un geste de Seigneur, qui ne m'a pas étonné venant de lui. Après, on peut penser que Cédric Vasseur avait peut-être plus sa place que Stéphane Augé, que Sandy Casar n'est pas au top de sa forme ou que le parcours n'est pas vraiment fait pour Romain Feillu... Mais ces coureurs méritent d'être en équipe de France. Et moi, même si j'avais un petit espoir d'y être, je n'ai aucun regret quant à ma non participation parce que je ne considère pas avoir ma place dans l'équipe en cette fin de saison. Et avec ma maladie de toute façon, ce n'aurait pas été possible !