07.08.2007

Pressé d'être sur le Tour de l'Ain

Je suis en ce moment sur la plage avec ma famille. On a loué une maison sur l'Île de Ré et on y reste une semaine, entre la Clasica San Sebastian et le début du Tour de l'Ain. Il fait beau, alors j'en profite. Je profite surtout du fait d'être avec la petite. Ça fait vraiment du bien ! Mais je m'entraîne quand même. Tous les jours, je pars sur le continent et je vais rouler en Charentes.

Le retour à la compétition à San Sebastian a été vraiment dur ! Je me doutais que je n'aurais pas récupéré du Tour, et en effet, j'ai dû abandonner. La Clasica arrivait trop tôt après le Tour, il fallait se remotiver, se remobiliser et c'était très difficile. Et c'est une course trop dure pour une reprise après trois semaines de Tour.

D'ailleurs, je commence seulement à retrouver de bonnes sensations à l'entraînement. Après le Tour, j'ai laissé le vélo de côté deux jours, puis j'ai recommencé à rouler. Mais j'ai été obligé de faire des sorties sans forcer, à de petites moyennes, pour récupérer. D'habitude, quelques jours après le Tour, on a de super sensations : on a l'impression d'avoir de la force et grâce aux acquis, ça va tout seul. Mais cette fois-ci, je n'ai pas du tout retrouvé ces sensations. Depuis dix jours, je n'arrivais pas à récupérer !

Peut-être le Tour a-t-il été plus éprouvant physiquement et mentalement que les autres années. Mentalement, c'est sûr ! J'ai peut-être aussi fait des erreurs dans mon approche du Tour en voulant en faire trop... On analysera ça cet hiver. Ce que je sais, c'est que toute l'équipe a fini beaucoup plus fatiguée que les autres années !

Dans l'étape de vendredi, avant le chrono, pourtant, j'avais essayé d'utiliser ma dernière cartouche. J'étais sorti en début d'étape avec Sandy Casar. Quand c'est rentré, Laurent Lefèvre est reparti avec Casar, Boogerd et Willems. Comme Laurent était là, je n'ai pas tenté de suivre, mais je m'en suis un peu voulu après parce que Casar qui était avec moi au début, a gagné l'étape. C'est dommage, mais j'avais quand même essayé !

Le dimanche, sur les Champs, on était tous contents d'en finir. Il n'y a pas eu d'euphorie, juste le sentiment du devoir accompli parce qu'on avait fait ce qu'on pouvait sur ce Tour. On était tous heureux de rentrer chez soi pour décompresser.

Aujourd'hui, ça va enfin mieux, j'ai récupéré et je suis pressé d'être sur le Tour du l'Ain, puis sur celui du Limousin. Après ces deux courses par étapes, je ferai la Classic de l'Indre à Châteauroux et le GP de PLouay. Ce que je veux maintenant, c'est gagner avant la fin de saison, si possible dès l'Ain ou le Limousin ! Si j'en gagne une vite, après, je suis sûr que ça s'enchaînera. Je ne veux pas courir pour tenter de gagner une place pour le championnat du monde, mais si je décroche des victoires, ça viendra tout seul et je serai ravi d'y aller si je suis sélectionné !

13.08.2006

Xavier, un inconnu toujours prêt à donner un coup de main

Xavier Florencio a remporté la Clasica San Sebastian. C'est super pour l'équipe, surtout qu'on ne s'y attendait pas. D'ailleurs, c'est une énorme surprise pour tout le monde puisque personne ne le connaît. Au début de sa carrière, il est resté dans un rôle d'équipier chez ONCE, puis n'a pas disputé de grande courses au sein d'une petite équipe, Relax-Fuenlabrada. Aujourd'hui, il se sent bien chez nous, et quand on se sent bien, ça marche beaucoup mieux !

Au départ, l'équipe avait des ambitions, mais plus pour Thomas, Pierrick, ou moi. Xavier nous a dit qu'il était bien, mais s'il nous avait dit qu'il gagnerait la Clasica San Sebastian, on aurait rigolé, même s'il a prouvé qu'il était fort en terminant 3e du Tour de l'Ain ! Pourtant ensuite, quand j'ai été le voir pendant la course, Xavier, qui ne dit pas grand chose d'habitude, m'a dit qu'il se sentait en très grande forme. C'était le signe qu'il allait faire quelque chose.

J'étais un peu responsable de son intégration lorsqu'il est arrivé dans l'équipe au début de cette saison parce que je parle un peu espagnol. Et j'ai découvert quelqu'un de très sympathique, toujours prêt à donner un coup de main. Il est venu chez nous parce que son copain Unaï Yus l'a conseillé à Jean-René. Mais Unaï a été licencié pour les raisons que l'on sait (prise de médicaments sans prévenir les médecins de l'équipe) avant que Xavier n'arrive. Jean-René lui a alors donné la possibilité de résilier son contrat. Mais lui a dit : "Non, je ne voulais pas venir dans l'équipe seulement pour être avec Unaï. J'ai la chance d'être pris dans une équipe du Pro Tour, alors je m'intégrerais tout seul !"

Depuis il a donné des garanties de sympathie et de sérieux. Il essaye de parler français et il demande même qu'on lui parle français pour pouvoir progresser. Pendant la Vuelta, il sera trois semaines avec nous, alors il va faire des progrès ! 

Pour Bouygues Télécom, c'est vraiment bien. On réalise une super saison avec une victoire dans le Tour, puis une victoire ici ! Pour ma part, j'aimerais que ma saison soit aussi bonne que celle de l'équipe... Aujourd'hui je n'ai pas pu suivre les meilleurs dans le Jaizkibel, je finis 56e dans un deuxième groupe. Mais j'espère toujours décrocher cette grande victoire qu'il me manque !