28.07.2008
Ne manquait qu'une pointe de réussite
Comme à l'accoutumée, les Champs-Élysées n'ont pas permis la victoire d'une échappée. Une étape traditionnelle où l'ambiance était plutôt décontractée dans le peloton, même si dans l'équipe, on reste assez frustré de ces trois semaines de courses. Je ne suis pas du genre à tirer un bilan une fois la ligne d'arrivée à peine franchie, mais s'il fallait retenir un élément qui nous a manqué durant ce Tour de France, je dirais sans aucun doute la réussite. Souvenez-vous par exemple de la première étape où je finis 3e derrière Valverde et Gilbert : il me m'a pas manqué grand-chose pour exulter au sommet de Cadoudal ! Autre exemple, lors de la dernière étape destinée aux baroudeurs, je crève de la roue avant quand ça flinguait dans tous les sens. J'avais la rage !
Mais il y a eu aussi d'autres bons moments sur ce Tour, pour moi et pour l'équipe. Laurent s'est montré offensif à plusieurs reprises, nous étions d'ailleurs ensemble lors de la neuvième étape, Pierrick était dans le bon coup sur la route de Foix, je finis 8e à Digne-les-Bains, Thomas s'est bien battu dans les Alpes et enfin j'ai eu la chance de gravir l'Alpe d'Huez en premier. Certes, il nous manque une victoire d'étape, mais le bilan n'est pas si mauvais que ça. D'ailleurs, tous les échos que j'ai eu sur ma performance d'ensemble sont assez positifs. Je pense également avoir fait un bon Tour, et j'espère capitaliser au maximum sur tous ces efforts et sur un mental renforcé pour attaquer la suite de la saison avec le plein d'allant.
À ce sujet, mon programme de courses à moyen terme est peu défini. Ce qui est sûr, c'est que je ne ferai pas de critérium car je préfère récupérer au mieux avant d'aborder l'échéance olympique. Et puis, je participerai tout de même aux épreuves de la Coupe de France car je veux absolument la gagner. Avec les JO, j'en ai fait un objectif prioritaire de ma deuxième partie de saison. La Polynormande en fin de semaine en sera un premier test. J'espère être à la hauteur de ce challenge.
Enfin, je voulais vous remercier de m'avoir accompagné et soutenu dans les bons et les mauvais moments que j'ai vécu sur ce Tour de France. J'ai vraiment très apprécié votre réaction quand je vous ai annoncé mon départ de l'équipe qui a fait ce que je suis. Vous avez compris mon choix et cela n'a pas dû etre une chose facile pour vous. Je vous remercie aussi pour tous vos encouragements sur le bord de la route que j'ai entendus, tous vos petits signes d'attention que vous avez eu à mon égard. Merci pour tout et à très bientôt !
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25.07.2008
Gagner avant de partir
Si l'on m'avait dit qu'un jour, j'aurais la chance d'entamer l'ascension de l'Alpe d'Huez en premier, je ne l'aurais pas cru. Et pourtant, ce jour est bien arrivé et forcément, j'en ai eu des frissons. Déjà dans le col de la Croix de Fer, j'ai senti que j'avais les jambes pour suivre le groupe des favoris. J'ai donc décidé d'anticiper la montée finale en m'échappant dans la descente. J'ai pris beaucoup de plaisir à agir ainsi, mais je n'étais pas le seul de l'équipe à être dans ce cas durant les étapes alpestres. Thomas Voëckler s'est frotté à Bernhard Kohl au sommet du Galibier et Johan Tschopp a fait partie de la contre-attaque dans le col de la Lombarde la veille. Mais c'est bien ça le problème dans notre équipe cette année : on est là dans les étapes où l'on nous attend pas et on n'y est pas dans celles où l'on nous attend. L'étape d'hier l'a encore prouvé.
Alors, on concentre tous nos efforts pour l'étape d'aujourd'hui mais cela ne va pas être une partie de plaisir car les corps sont très fatigués. Je le ressens d'ailleurs particulièrement au niveau cardiaque : j'ai perdu 20 pulsations en l'espace de trois semaines ! Cela signifie concrètement que mon coeur n'arrive plus à battre suffisamment vite lorsque je fourni des efforts. Un exemple simple : dans le col de la Croix de Fer, lorque je reste avec les meilleurs, mon coeur bat à 163 pulsations par minute, alors que lors de l'arrivée à Plumelec où je termine 3e, je suis à 188 pulsations en plein effort ! Mais le fait d'avoir grimpé des cols à plus de 2300 mètres, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, n'a pas joué dans la balance. C'est juste une question de souffle lorsque l'on atteint cette altitude.
Aujourd'hui est aussi un grand jour pour moi car je viens de donner mon accord pour un contrat de deux ans officiellement dans la formation de Patrick Lefévère, la Quick Step. C'est vrai que le fait de ne pas être le seul français, avec Sylvain Chavanel, m'a enlevé un poids avant d'entrer dans cette grande équipe. Mais la raison essentielle qui m'a poussée à m'engager auprès d'eux réside dans le fait qu'ils sont tournés presque exclusivement vers un type de courses que j'affectionne particulièrement, les classiques. Les trois ardennaises me font rêver et j'espère m'investir de la culture de la gagne qu'ils développent pour passer un cap à ce niveau là.
C'est une nouvelle aventure pour moi et c'était l'année ou jamais pour franchir le pas. Aujourd'hui, les contrats se font rares et lorsque j'ai su que Patrick Lefévère s'intéressait à moi, j'ai saisi l'opportunité. À 28 ans, je pars sur de très bons termes avec les membres de mon équipe et tout le staff. Ce n'est pas un divorce, plus un adieu. Jean-René Berneaudeau était d'ailleurs triste et déçu lorsqu'il a déclaré un petit discours en mon honneur hier soir au repas. Il a compris mon intention de voler de mes propres ailes, même si pour lui, je suis un enfant qui part de la maison, de la famille. Alors, c'est juré, pour les remercier de tout ce qu'ils m'ont apporté, je veux lever les bras avant de partir. Ce serait le plus beau cadeau que je pourrais leur faire.
00:15 Publié dans Tour de France | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
21.07.2008
J'aurai le couteau entre les dents
Dans l’ascension du col d’Agnel, je me suis accroché aux meilleurs pour basculer avec eux dans la longue vallée menant à la rampe finale de Prato Nevoso. J’ai vraiment souffert hier parce que j’ai eu du mal à m’acclimater au temps pluvieux, frais et humide que nous avons rencontré tout au long de l’étape. C'est vraiment étrange comment le climat a changé si brutalement en si peu de temps. Et puis, on arrive à la troisième semaine de course et les organismes commencent à être fatigués.
Une chose est sûre : ne comptez pas sur moi pour animer les étapes alpestres ! J’ai d’autres objectifs plus lointains en vue, dont l’étape arrivant à St Etienne jeudi. J’aurai le couteau entre les dents à partir de ce jour là ! Et puis, quand je vois dans quelle forme j’étais lors de l’étape de Digne-les-Bains samedi où je termine 8e, cela ne peut que me donner plus de confiance pour bien aborder la dernière ligne droite. À ce sujet, je peux vous dire que ce jour là, j’avais des jambes de feu et c’est pour cela que l’équipe avait fait un super boulot pour rentrer sur les échappées avant la dernière bosse.
J’avais prévu d’attaquer, une fois que Thomas avait planté sa banderille, mais lorsque j’ai vu à quelle allure on a monté la bosse, j’ai préféré rester calé dans les roues et attendre le final. Il fallait pas mal frotter afin de bien se placer avant d’entrer dans Digne. Et je connaissais le dernier rond-point qui a, comme prévu, coupé l’allure du peloton. Cela m’a bien arrangé car je préfère les sprints arrêtés plutôt que les sprints lancés. Ce qui est dommage, c’est que j’ai été tassé aux 300m par Romain Feillu et sans cela, je pense que j’aurais pu démontrer que je dispose d’une bonne pointe de vitesse.
Si les jambes reviennent, ça promet de belles choses pour la suite ! En tous cas, je ne serai pas le seul à me montrer dans la dernière semaine. Johan a fini 22e hier ce qui va le remettre en jeu pour les deux prochaines étapes de haute montagne dans lesquelles il espère prendre une bonne échappée. Dans l’équipe, on l’avait bien motivé parce qu’on a vraiment confiance en son potentiel de grimpeur. C’est vrai aussi que tous les matins, c’est un peu plus difficile de se remettre en selle pour chacun d’entre nous mais on se battra jusqu’au bout pour aller décrocher cette victoire d’étape ! Enfin, je voulais vous remercier pour tous les messages de sympathie que vous m’avez laissés récemment. Cela fait toujours plaisir de voir que vous soutenez ma conviction en matière anti-dopage.
13:17 Publié dans Tour de France | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
17.07.2008
Content qu'il dorme en taule
Au départ de l'étape, aujourd'hui, on craignait les bordures à cause du vent et on s'attendait à une course nerveuse, assez tendue où cela allait rouler très vite. Et bien, nous n'avons pas été déçu. Le peloton n'a voulu laisser partir aucune échappée en vue d'un emballage massif. La seule qui est partie n'était vraiment pas dangereuse pour les sprinteurs et aucun d'entre-nous, dans l'équipe, n'y figurait. Ce qui n'était pas le cas hier puisque Pierrick était présent dans le bon coup du jour et représentait une bonne option pour nous de glaner cette victoire que l'on attend tous.
Malheureusement, cela ne s'est pas goupillé comme on l'aurait voulu. C'est vrai que Pierrick avait la pancarte, qu'il fait partie de ces gars capables de briller sur de grandes courses et cela l'a sans doute gêné pour bien s'exprimer. Pour autant, Pierrick manque aussi de réussite sur ce Tour, il était d'ailleurs sous antibiotiques lors des premières étapes. Mais, Pierrick est aussi quelqu'un qui possède une grande classe et qui séduit manifestement plusieurs coureurs, dont Filippo Pozzato, présent dans l'échappée hier. L'Italien a beaucoup d'admiration et de respect pour lui, et il en avait fait d'ailleurs l'homme à ne pas lâcher d'une semelle hier. C'est dommage parce qu'ils se sont un peu enterrés tous les deux.
Depuis deux jours, la course n'a pas uniquement été marquée par des faits purement sportifs. Il y a eu le cas Moises Duenas hier, où j'ai été impressionné par le déploiement des gendarmes qui ont rapidement encerclé l'hôtel dans lequel nous résidions durant la journée de repos aux côtés de l'équipe Barloworld à Tarbes. Et puis, ce midi nous avons appris le contrôle positif de Ricco à l'EPO de troisième génération, soi-disant indétectable. Ce produit, j'en avais entendu parler depuis quelques temps, je m'étais d'ailleurs rendu sur un site internet sur lequel j'avais pu lire divers éléments sur sa composition.
La CERA, cet EPO à effet retard, n'est pas si indétectable que ça comme nous le prouve l'affaire Ricco. Et je m'en félicite qu'il ait été pris car Ricco, l'arrogant, traînait des casseroles derrière lui. J'ai des amis italiens qui, lorsqu'ils couraient avec lui à 15 ans, m'ont raconté qu'il se vantait de se doper et qu'il leur montrait même comment il faisait. Quand on est mouillé jusqu'au cou comme lui, la moindre des choses aurait été d'avoir la décence de ne pas l'ouvrir comme il l'a fait, surtout quand on est dans l'oeil du cyclone. Il se prenait pour une vedette, il nous narguait. Je suis bien content qu'il dorme en taule ce soir.
Je suis partagé entre deux sentiments ce soir. D'un côté, je suis triste une fois de plus pour l'image du cyclisme aux yeux du grand public. Je suis malheureux pour ces gosses qui ont rêvé de Ricco devant ses "exploits" dans les Pyrénées à la télé. D'un autre côté, je suis satisfait de la lutte antidopage qui ne fait pas de cadeaux aux tricheurs, à ceux qui nous mettent minables quand ils attaquent, injustement.
Pour moi, le fait que l'équipe Saunier Duval s'enfuit lâchement de la course ressemble à un aveu de dopage organisé. Dans ces cas là, c'est une question de réaction directe. Soit l'équipe reste dans la course et affirme son désarroi devant ces événements, à l'image de Barloworld, qui pour moi, a fait face à un cas isolé. Soit l'équipe veut échapper aux questions que l'on se pose et préfère s'enfuir comme un gosse qu'on a grondé dans la cour de récré.
22:00 Publié dans Tour de France | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
15.07.2008
J'ai mon billet pour Pékin !
Dimanche, dans le col d'Aspin, j'ai subi un bon coup de fringale à 5km du sommet. Et pourtant, j'avais encore de supers sensations au lendemain de ma longue échappée vers Toulouse. Pendant l'ascension du col de Peyresourde, j'avais vraiment de bonnes jambes et je restais au contact des meilleurs. Et puis, dans l'Aspin, ça roulait vraiment vite car les cadors avaient lancé les hostilités et je n'ai pas réussi à m'alimenter correctement. D'un seul coup, j'ai eu un gros coup de chaud et j'ai accusé le coup sur la suite de la montée. C'est frustrant car je pense que sans cela, j'aurais été capable de rester dans le groupe pour faire une place de deux. La première étape des Pyrénées nous a tout de même bien réussi dans l'équipe. Pierrick et Johan terminent dans le groupe des favoris, Stef a animé le début d'étape. Nous étions tous rassurés sur notre forme.
Tous, hormis Youri. Car il a dû attraper un petit coup de froid dans une descente et le soir, il a eu du mal à communiquer sur son état de santé au staff parce qu'il ne parle pas français. Il faut dire aussi qu'il a fait un super début de saison et qu'il y a des chances qu'il soit arrivé sur le Tour un peu émoussé. Hier, il n'était vraiment pas dans le rythme et il valait mieux qu'il abandonne. D'autant plus quand on voit à quelle vitesse l'étape d'Hautacam a été parcourue. Dans le Tourmalet, Voigt a mené un train d'enfer et tous les gars de l'équipe se sont retrouvés devant le même dilemme. Soit chacun tente de s'accrocher, soit on préfère relâcher le rythme en vue des jours à venir. Avec notre piètre performance globale, inutile de vous dire quelle solution nous avons choisie. On s'est d'ailleurs fait remonter les bretelles par Jean-René hier.
On dit toujours qu'un coureur qui a fait une longue échappée subit le contrecoup deux jours après sa fugue. Cela s'est vérifié pour moi et malheureusement, cela tombait lors de la journée d'Hautacam. Ni une, ni deux et hop je me retouvais dans le Gruppetto. J'ai géré comme j'ai pu les deux ascensions, non sans mal. Aujourd'hui, nous avons fait 70 bornes de récup', histoire de garder le rythme. Je vais profiter du très beau temps pour profiter de la présence de ma femme et de ma fille. Après un petit tour chez l'osthéopathe, je me mettrai en tête l'étape de demain, pas si insurmontable que ça si les jambes reviennent.
Enfin, j'ai eu une super nouvelle aujourd'hui : je suis sélectionné pour les Jeux ! Je fais partie des cinq qui iront à Pékin et j'en suis extrêmement fier ! C'est un véritable honneur pour un coureur de participer aux Jeux, on n'y a droit qu'une seule fois dans sa carrière. Quel bonheur j'ai ressenti quand je l'ai su hier matin au départ de Pau par Fred Moncassin via mon encadrement ! Cela va me donner encore plus de force pour aller glaner une victoire d'étape.
16:35 Publié dans Tour de France | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
13.07.2008
Tout près de la gagne
Laurent est sorti tout seul dans le 3e catégorie. Moi, je suis allé chercher Txurruka uniquement pour le ramener à la raison à l’origine. Et puis, une fois qu’on était sorti, c’était trop tard pour faire demi-tour. Le Basque a insisté, je l’ai donc accompagné avec Christophe Riblon qui nous a rattrapé. On a vite pris deux minutes d’avance sur le peloton. Aussi, j’espère que le fait que je sois à 4 minutes au général n’a pas condamné l’échappée. Je n’ai pas de regret en tous cas d’avoir agi de la sorte. Dans le final, je me sentais très, très fort donc j’ai accompagné l’attaque de Txurruka et puis j’ai pris un relais très appuyé et on a filé rapidement.
J’ai aussi beaucoup bavardé avec Laurent quand je l’ai rejoint. On s’est dit que c’était un peu suicidaire, qu’on allait en baver mais qu’en même temps il fallait tenter le coup sans trop se poser de question. Je lui ai demandé s’il voulait que je me relève, mais il m’a dit : "Non t’es là, tu restes maintenant". Laurent est un très bon ami, donc on se comprend très bien et il n’y a jamais d’ambiguïté entre nous.
Dans le final, j’ai tenté le tout pour le tout. Tant qu’à faire, autant ne pas avoir de regret. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer dans le peloton. Une chute, des crevaisons. On a déjà vu des coureurs gagner avec très, très peu d’avance donc il faut toujours tenter. Derrière, quand une équipe roule sur toi, je me dis aussi que c’est avant tout des mecs qui peuvent avoir mal aux jambes, avoir aussi des doutes. Il faut toujours insister jusqu’au dernier moment. C’est mon leitmotiv. Et puis, on l’a vu, ça a failli marcher pour Vogondy lors de l’arrivée à Chateauroux. Il lui manque seulement 30 mètres au final, il devait avoir la rage. Le peloton peut mal négocier un virage, ou il peut y avoir un écart avec une chute ce qui peut ralentir la poursuite. D’ailleurs, quand il pleut comme aujourd’hui, je me devais de me donner à fond dans le final en espérant qu’ils aient un pépin derrière.
On a quand même passé une journée beaucoup moins nerveuse devant que derrière. Physiquement, on a peut-être plus tapé dedans mais ça a été très nerveux dans le peloton. On s’est protégé des chutes notamment qui ont mis à mal plusieurs coureurs comme Ricco ou Casper.
Si je tire un bilan, je me dis que j’ai encore la poisse. Je passe tout près de la gagne, encore une fois. Maintenant, c’est le Tour et il faut faire avec. Je vais prendre l’exemple de Sandy Casar qui a fait quatre fois deuxième avant de gagner son étape. Je vais continuer à me battre et prendre toujours autant de plaisir sur le vélo. J’ai des bonnes sensations donc c’est presque parfait en ce moment.
Didier Rous n’était pas déçu toute à l’heure du comportement de l’équipe, plus du résultat. On marche bien, je pense qu’on mérite quelque chose après tous les efforts qu’on a fournis depuis le départ. Et puis, cette philosophie là, on la retrouve aussi dans la vie de tous les jours. On a rien sans rien, il faut toujours forcer la chance.
Aujourd'hui, je pense que l’étape peut nous convenir. Je pense à Pierrick, à Johan ou moi. On va rouler sur des routes accidentées, gravir quelques grimpeurs mais pas de grands cols dans la journée. Et puis, ensuite les deux cols sur la fin sont plutôt des cols qui se montent à la cuisse. On grimpe pas forcément des grosses rampes. Ils peuvent nous convenir si on est échappé. Si on n'y est pas et que devant ça se fait la guerre, et bien on gérera. Par contre, pour l’étape d’Hautacam, on n’a pas grand monde pour voltiger. Moi, je tâcherai de limiter un peu et je verrai aussi par rapport au classement général. Je ne récuperrerai pas pendant cette étape là en tous cas, c’est sûr.
Enfin, j’ai regardé un peu le parcours pour la suite, et j’ai vu qu’il y avait quelques étapes qui pouvaient me convenir, entre les deux massifs notamment, donc je ne perds pas le moral. On arrive aussi à Saint-Étienne sur la fin du Tour et j’ai un ami qui vit là-bas donc ça me ferait bien plaisir de briller pour lui.
13:40 Publié dans Tour de France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
12.07.2008
Beltran est un imbécile
Hier, lors de l’étape d’Aurillac, je me sentais mieux. L’étape a été très difficile, le rythme était ultra-rapide. J’ai passé une journée galère, mais bon dans l’ensemble, le résultat final n’est pas si mauvais que ça. On a limité les dégâts je dirais. Il ne sont que 20 devant donc ce n’est pas une catastrophe pour l’équipe de ne pas être représentée parmi eux. Même si cette journée ne ressemblait pas sur le profil à de la haute montagne, elle a été très difficile. Il n’y a pas à rougir de la performance d’hier. Il y a juste la dernière ascension qui s’est faite sur un ton un peu trop soutenu pour nous.
Les CSC ne nous ont pas rendu la course facile en plus quand ils ont borduré après la chute qui a fait casser le peloton. C’est sûr que cela a tendu toute la course et toute la journée on a été en prise. Lors de la chute de Cunego, j’ai été ralenti et j’ai d'ailleurs dû mettre pied à terre.
Hier soir, j’ai appris que Beltran était positif à l’EPO. Je pense que c’est un imbécile, qu'il n’a rien compris. C’est un mec qui n’a jamais dû faire de vélo sans rien dans les veines. Il était accoutumé à ces pratiques là chez ses anciennes équipes sans doute. Aussi, je m’étonne quand on me dit que les gars de Liquigas ont un problème avec le dopage. J’ai de très bons rapports avec eux, j’ai même des copains dans cette équipe-là. Alors, ils ont peut-être roulé derrière moi aujourd’hui pour montrer uniquement qu'ils n'avaient pas des mecs chargés et qu'ils savaient pédaler sans ça. Ils roulaient aussi pour leur sprinteur, Cicchi, même s'il n'a pas réussi son sprint, comme d'autres, je pense à Mc Ewen notamment.
Concernant l'affaire Beltran, je pense que c’est vraiment un cas isolé. Je crois sincèrement qu’il y a un renouveau dans le vélo et que c’est vraiment dommage pour l’image du cyclisme qui est encore écornée dans les journaux. Mais bon, il faut se dire qu'on va dans le bon sens et qu'on est obligé de passer par là pour faire avancer les choses.
13:25 Publié dans Tour de France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.07.2008
Se méfier des rumeurs
Vers la station de Super-Besse, je n’étais pas en grande condition. Cela n’a pas été une journée exceptionnelle. Dans la dernière montée, j’ai subi le rythme des meilleurs tout au long de l’ascension. Dans un passage un peu plus raide où les plus costauds se sont expliqués, j’ai un peu coincé. Quand je revois le sprint final avec le dernier kilomètre très difficile, je me dis que je ne me sens pas capable d’être au niveau des plus forts. Laurent Lefèvre avait pourtant attaqué au pied mais a vite dû tempérer ses ardeurs à cause du vent de face qui gênait la moindre offensive. Laurent marche bien et fait preuve de panache. Mais, il savait que c’était peine perdue quand il a tenté le coup.
Et puis, Thomas perd le maillot à pois après la fugue de Sylvain Chavanel. Alors, pour l’équipe, cela a été compliqué de courir après tous les lièvres en même temps. Au départ de l’étape, j’étais devant avec Ballan. Mais il n’a pas collaboré et quand Sylvain est parti, on a pas pensé qu'il allait faire un raid comme ça. D’ailleurs, il l’a payé le lendemain.
Parallèlement à ça, je veux faire taire les rumeurs qui prétendent que Youri Trofimov serait en partance pour Rabobank l’année prochaine. Pour l’instant, il a encore un an de contrat chez nous où il s’épanouïe totalement. Il a aussi la chance d’avoir une équipe qui est à son écoute. Je ne pense pas que pour l’instant il est dans l’idée de partir. Son transfert n’est pas d’actualité. Il faut faire attention de toutes les rumeurs que la presse peut relayer.
Aussi, j’ai entendu que Youri allait abandonner à la 13 étape ce qui est totalement faux. Ce sont des conneries. Youri a été sélectionné par la Russie pour faire les Jeux Olympiques en VTT. Il n’a jamais été question qu’il abandonne. Il n’abandonnera que s’il est au bout du rouleau comme tout le monde. Et puis, le Tour de France est une course trop importante pour la sacrifier pour préparer quoi que ce soit. Il en a surtout pas envie. Il est très heureux de participer au Tour dans l’équipe. Je peux vous assurer qu’à aucun moment il n’a pensé à abandonner le Tour pour préparer les JO. Du reste, il faut se méfier de ces rumeurs qui vont bon train.
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09.07.2008
Trois jours pour m'exprimer
Le chrono n’était pas un parcours pour moi. Il était conçu pour les coureurs capables de tirer de gros braquet, à l’image du vainqueur, Stefan Schmacher, qui utilisait un grand plateau de 56 dents et qui devait l’avantager dans les descentes au retour vers Cholet avec le vent de dos. Me concernant, je sais qu’il me manque de la puissance, de la force dans ce genre d’exercice. J’ai utilisé un braquet de 54x11 dans les parties favorables, c'est-à-dire pour la fin du chrono. Sinon, à l’aller, j’ai surtout enroulé un 54x15, un 54x16 voire un 54x17 car le vent de face empêchait ma bonne progression.
Auparavant, j’avais tourné les jambes sur mon home-trainer pendant 45 minutes afin d’éliminer les toxines accumulées la veille. Et puis, l’échauffement sur home-trainer permet également de faire monter le cœur, ce qui est indispensable à l’approche d’un effort en solitaire où l’on doit être tout de suite dans un bon rythme. Je finis 60e du chrono à 2’38’’ du lauréat. Je m’attendais à un moins bon classement, ce qui est le signe que je garde toujours la bonne forme.
Aujourd’hui, j’ai passé une journée plutôt tranquille même si le kilométrage fatigue tout de même le physique d’un coureur. On a parcouru 232 km et la situation de course (échappée de 3 coureurs à une portée raisonnable du peloton, ndlr) était très lisible. Dans l’équipe, on s’était accordé sur le fait qu’on ne bougeait pas au départ de l’étape tant qu’un groupe de cinq coureurs ne sortait pas du peloton. Là, trois français sont partis, alors c’est sûr que c’est dommage de ne pas avoir montré le maillot avec eux, mais après tout, je pense qu’on aura bien l’occasion de le montrer demain lors d’une étape qui correspond beaucoup plus à notre équipe.
Aujourd’hui, je fais 19e du sprint en venant m’immiscer parmi les meilleurs sprinteurs du Tour, ce qui démontre bien que les jambes répondent toujours bien. J’ai trois jours pour m’exprimer sur ce terrain vallonné du Massif Central qui m’est totalement adapté à mes qualités physiques. Je suis très motivé par ce parcours accidenté que les organisateurs nous ont proposé cette année.
Demain, il y de fortes chances que 4-5 coureurs s’échappent en début de course. Puis, les leaders, une fois qu’ils auront contrôlé la destinée de l’échappée, se feront la guerre dès la bosse qui précède la montée finale vers Super-Besse. La course va se construire en deux temps.
Dans l’équipe, on compte sur moi mais aussi sur Pierrick, qui revient bien en forme après avoir été sous antibiotiques lors du Grand Départ en Bretagne. Il est sur son terrain et il est certain qu’il devrait se sentir plus à l’aise sur les routes escarpées de moyenne montagne comme l’on trouve dans le Massif Central. Laurent Lefèvre doit être soulagé d’arriver sur son terrain de prédilection, d’autant plus qu’il n’aime pas frotter dans les étapes de plaine, ce qui devrait moins se reproduire vers Super-Besse. Le Berlaimontois devrait passer à l’action dans les prochains jours, comme Youri Trofimov ou encore Xavier Florencio. On aborde la traversée du Massif Central avec beaucoup d’ambitions, on a vraiment envie de réussir quelque chose !
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08.07.2008
Vraiment frustrant
Je vous l'avais signalé hier que l'étape allait être tendue. À coup sûr, il y allait avoir des coups de vent et donc des bordures et ça n'a pas raté ! Le peloton était tellement nerveux qu'il a étonnamment oublié de chasser derrière les échappés qui se sont disputés la victoire. Moi, j’étais vraiment déçu. Pourquoi ? Parce qu'on est arrivé à Nantes et que c’est un Français qui a gagné grâce à une échappée alors que cela aurait très bien pu être moi. J'aurais beaucoup aimé me montrer à mon avantage. Malheureusement, je ne me suis pas glissé dans cette échappée car la consigne était de ne pas s’y glisser. Finalement, c’est le jour où l’échappée va au bout donc c’est quand même frustrant.
On s’était tous mis d’accord sur le fait que c’était une étape de transition où il pouvait y avoir des bordures, du vent de côté, mais on avait pas pensé qu'une échappée puisse aller au bout. On était loin de s’imaginer que quatre coureurs allaient prendre autant de temps d’avance sans que cela ait réagi dans le peloton. On s’est fait piéger à cause de ça. On a d'ailleurs participé à la poursuite derrière histoire de ne pas trop cogiter sur l'erreur d'hier et de se remettre en selle mentalement.
Avec la victoire de Dumoulin et la prise de pouvoir de Feillu, c'est vrai que cela va faire du bien au vélo français. Maintenant, quitte à ce que ce soit un français qui soit devant et qui ait les projecteurs rivés sur lui, autant que ce soit moi. Ce qui est frustrant, c’est de voir que des coureurs ont de la réussite alors que pour moi, elle me fuit depuis très longtemps et que ce n’est pas encore hier que cela m’a souri. Cela commence à être stressant de subir tout ça et de ne pouvoir rien y faire. Bon, il ne faut pas trop non plus se poser de question car sinon on a vite les jambes coupées du fait d'un mental un peu fragile. Je préfère penser à l'étape d'aujourd'hui.
Pour le contre-la-montre, je partirai à 16h45 pour un chrono de 29 km ce qui équivaut à peu près à un effort de 40 minutes. Je ne connais pas du tout le parcours d’aujourd’hui même s'il devrait y avoir encore beaucoup de vent, qui, combiné avec de longs faux plats montant et descendant, devrait favorisé les hommes les plus puissants du peloton. Étant donné que l'on effectue une boucle, le vent devrait freiner notre progression pour partir, puis nous pousser au retour.
Quant à moi, je vais faire le chrono à fond car il faut toujours faire les chronos à fond en début de Tour. Il ne dure que 40 minutes donc je ne devrais pas taper dans les réserves. Par contre, je ne table pas sur un brillant résultat. Je connais mes lacunes dans l'exercice en solitaire, mais je ne préfère pas m'appesantir sur une journée où je vais perdre du temps sur les spécialistes. Après, avec toute l'équipe, on essayera de se relancer demain pour oublier la déception d’hier. Il faudra se remettre au boulot !
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