14.09.2006
Je me sens un peu "blousé"
Je suis vraiment déçu de ne pas avoir été sélectionné pour le championnat du Monde, surtout par la forme. Dès juin, les responsable de la sélection étaient venus me voir pour me demander si j'étais chaud pour le Mondial. Comme il voulait construire une équipe de jeunes, ça me plaisait, j'adhérais au principe, et donc j'ai dit que j'étais motivé. Mais ces derniers temps, je sentais qu'ils avaient de moins en moins envie que j'y aille. Pourtant, j'avais donné des garanties, j'avais demandé qu'on me fasse confiance et dit que je serai en forme le jour du championnat.
Le choix de la sélection n'est pas seulement sportif. Il est également politique : il faut qu'il y ait des coureurs de chaque équipe pour satisfaire tout le monde. Deux Bouygues Télécoms sont sélectionnés, Anthony Geslin et Thomas Voeckler, donc moi, je ne le suis pas. Et puis je n'ai vu personne depuis deux mois. Le sélectionneur était à Plouay, où je n'étais pas, et il n'est pas venu à la Vuelta. Ils ont estimé ma forme selon les dires des autres directeurs sportifs puisqu'ils n'écoutent pas les miens, alors bien sûr, ça ne m'a pas été favorable. En même temps, ils ont pour eux le fait que je n'ai pas eu de résultats ces derniers temps, c'est vrai. Mais je considère que j'avais ma place, et je me sens un peu "blousé" parce qu'on m'a pris pour un con en me disant qu'on comptait sur moi, puis en me laissant tomber.
Maintenant, je suis un peu dans la merde. J'ai axé toute ma fin de saison sur les championnats du Monde. J'ai allégé mon mois d'août pour y arriver en forme. J'ai abandonné la Vuelta pour ne pas compromettre mes chances pour Salzbourg. Et puis maintenant, je me retrouve sans gros objectif. Je vais courir le GP d'Isbergues, mais après j'ai un gros trou parce qu'il n'y a pas d'autres courses pendant les championnats du Monde. Alors, comme le temps n'est pas toujours au beau fixe chez moi à cette époque, ça va être dur de trouver la motivation pour aller s'entraîner. Je pense que je vais faire du jus, et de toute façon, je disputerai le GP de Zürich, Paris-Bourges et Paris-Tours. L'épisode de la sélection en équipe de France est maintenant fini, oublié, et je vais faire la fin de saison pour moi, pour ne pas avoir de regrets !
17:10 Publié dans Vuelta | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
05.09.2006
Il faut saisir les opportunités
Je commence à vraiment ressentir la fatigue après dix jours de course sur la Vuelta. J'ai eu deux bons jours sur les premières étapes de montagne, mais samedi et dimanche, ç'a été dur ! C'est difficile de récupérer en fin de saison. On court quand même depuis février, alors je sens que j'ai plus de mal à présent. Je n'ai plus la gnaque que j'avais sur le Tour de France. C'est vrai que je me suis un peu reposé durant le début du mois d'août, mais je roulais tous les jours et on ne récupère pas si rapidement de tout un début de saison à courir.
Aujourd'hui, j'ai essayé de faire la course. J'ai attaqué en début d'étape, mais je n'ai pas réussi à partir. J'ai peut-être laissé trop d'énergie à vouloir suivre les meilleurs dans les premières étapes de montagne... Mais bon, sur une course de trois semaines, la forme va et vient, et il faut saisir les opportunités. À présent, on en a plus qu'en début de Vuelta. Aujourd'hui, Xavier Florencio était devant. Il était fort parce qu'il réussit à faire "3" alors qu'il y avait 14 très bons coureurs avec lui. Dans les jours prochains, des échappées peuvent se former comme celle d'aujourd'hui. Alors je vais essayer de m'y glisser. Vendredi, par exemple, l'étape sera propice aux échappées avec une arrivée en côte. Mais ce ne sera pas facile parce que je ne peux pas faire de nombreuses attaques. Je peux essayer une fois, mais si ça ne marche pas, je me relève parce qu'il ne faut pas trop que je tape dedans dans l'optique du championnat du monde.
Dans l'équipe, on est tous un peu fatigués. Ça roule fort et on a du mal à suivre. Anthony Geslin, lui, a l'air bien. Il court vraiment au millimètre, il gère. Mais tout le monde se rapelle ce qu'il a fait l'année dernière au championnat du monde à Madrid, et je pense que les journalistes sont en train de lui mettre la pression en espérant qu'il recommence. Avec lui, je parle surtout de la course sur la Vuelta parce que je pense qu'il serait dommage de se priver d'une victoire d'étape ici pour tout miser sur une course d'un jour en risquant de perdre gros. L'année dernière, il a eu de la réussite, il ne l'aura peut-être pas cette année. Je pense qu'il a les moyens de gagner une étape ici, et il faut savoir saisir sa chance au jour le jour !
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30.08.2006
Presque 40° tous les jours
Aujourd'hui, j'ai fait la première étape de montagne à fond pour voir où j'en suis. Je finis 39e à 4'39''. Ça va, je pense que c'est ma place. Ce n'est pas la grande grande forme, mais les jambes répondent tout de même bien. J'ai réussi à tenir assez longtemps dans le groupe des favoris, alors que la montagne, ce n'est pas mon truc, donc je suis satisfait.
Pour moi, le Tour d'Espagne est seulement une course de préparation. Ce n'est pas une course passionnante comme le Tour de France, les étapes sont un peu ennuyantes. Alors c'est vrai que pour toute l'équipe, c'est dur de trouver la motivation. Psychologiquement, ce n'est pas facile de rester ici. Une victoire d'étape, ce serait très beau, mais je ne me fais pas beaucoup d'illusions : les étapes sont soit très montagneuses, soit toutes plates. Il n'y a pas vraiment d'étape qui soit dans mes cordes.
21:40 Publié dans Vuelta | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
24.08.2006
C'est reparti pour trois semaines
On est arrivés hier à Malaga pour disputer la Vuelta. Toute l'équipe est là : Walter Bénéteau, Anthony Geslin, Mathieu Claude, Pierre Drancourt, Christophe Kern, Rony Martias, Franck Renier, le seul Espagnol de l'équipe, Xavier Florencio, et moi.
Sur cette Vuelta, je vais prendre la course au jour le jour. On verra durant la première semaine si j'ai bien récupéré du Tour de France, et si je me sens bien, je ferai la course à l'avant, comme j'en ai l'habitude. Mon ambition, c'est de remporter une étape. Mais je ne sacrifierai pas tout pour ça, parce que je suis ici surtout pour préparer le championnat du monde. Cette course est ce qui me garde motivé pour la fin de l'année. Elle est particulière parce qu'elle est disputée par équipes nationales et c'est toujours un honneur de porter le maillot de l'équipe de France. Alors le plus important sur le Tour d'Espagne, c'est de rester en condition en vue du Mondial.
C'est la première fois que je cours deux Grands Tours dans l'année. Ça représente un challenge, mais je pense que c'est trop pour un coureur propre. Malheureusement, le programme des courses est fait de telle façon qu'il fallait que je sois là. Ça tombe mal, l'année de la naissance de ma fille, mais l'équipe avait besoin de moi. Elle n'a pas la possibilité d'aligner des coureurs différents sur chaque Grand Tour, certains sont obligés de doubler. Ça a été dur de repartir de chez moi pour plus de trois semaines. En fin de saison, c'est plus difficile de trouver la motivation. Mais bon, on ne part pas à la mine. En ce moment, on est dans un superbe hôtel à Malaga, alors on ne va pas se plaindre !
12:30 Publié dans Vuelta | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

